mercredi 25 novembre 2015

CHEIKH AHMADOU BAMBA, UN MODÈLE PARFAIT DE RÉSISTANCE CULTURELLE (Par Serigne Saliou FALL, Petit-Fils de Cheikh Ibra FALL)



Au nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux


Lorsque la colonisation française débarquait en Afrique avec sa mission « civilisatrice », elle avait en bandoulière deux objectifs essentiels : Piller les Ressources Économiques disponibles en terres africaine pour les exploiter en France et Transposer les Référents Culturels occidentaux dans les pays colonisés.  Après quatre siècles d’esclavage, des africains ont  opposé au 19ème  siècle, des mouvements de résistances anticolonialistes impressionnantes. Incarnés par des leaders de carrure exceptionnelle, tels que l'Almamy Samory Touré, Cheikh Oumar Tall et Lat Dior entre autres.  Les luttes de résistances vont très vite se rendre compte de leur caractère inefficace devant la supériorité technique de l’envahisseur européen.




La lutte contre l’oppression coloniale a connu une autre forme avec l’avènement d’Ahmadou Bamba qui a choisi de mener sa résistance sur le terrain culturel et idéologique. Après avoir étudié et réfléchi murement sur les méthodes utilisées par ses prédécesseurs qui avaient opté pour la résistance armée, soit à des fins politiques ou djihadistes, le Cheikh a pu réaliser  l’inefficacité des moyens de résistance employés par ces derniers. Ainsi a-t-il contourné la méthode forte jadis connue pour faire face à l’envahisseur, pour organiser son djihad autour du concept de la non-violence.




Accusé à tort par le colon de nourrir des intentions djihadistes armées, Cheikhoul Khadime réaffirme son engagement à servir la cause de l’Islam et hisser son étendard au-dessus de toute autre volonté mais d’une manière basée sur « les sciences et la piété », non pas sur les armes conventionnelle connues pour cet effet. S’adressant à ses persécuteurs, il  explique la nature du djihad qu’il mène et dans lequel il compte demeurer, et les armes dont il dispose pour faire capituler ses ennemis : « Vous m’avez déporté alléguant que je suis un adorateur du Seigneur doublé d’un djihadiste. Vous avez certes raison car je mène le djihad pour l’amour de Dieu. Mais mon djihad se fait à travers les sciences et la piété, en ma qualité d’esclave de Dieu et de serviteur de son Prophète ; et  Allah qui régente toute chose en est témoin. ( …) Si mes ennemis possèdent des armes pour lesquelles ils sont redoutés, mes armes quant à moi, sont le Coran et les hadiths du Prophète (PSL) et c’est ainsi que je mène le djihad »




 Pour cerner la capacité prospective qui a abouti à la méthode utilisée par le guide des mourides, il convient de rappeler ici que contrairement à l’occupation anglaise, l’objectif de l’occupation française ne se limitait pas seulement à l’exploitation des richesses dans les territoires contrôlés. Mais la France à travers sa mission dite « civilisatrice » des africains, visait également à coloniser les esprits et les cœurs par sa politique d’Acculturation et d’Aliénation des Indigènes. C’est pour cette raison que le fondateur du Mouridisme a consacré plus d’effort durant son combat à la lutte contre l’objectif numéro deux de l’impérialisme français c'est-à-dire l’aliénation intellectuelle et culturelle mise en pratique par des missionnaires chrétiens et autres précepteurs au service commandé de la prétendue mission civilisatrice, fardeau de l’occident. Il préférait de très loin le pillage de nos ressources économiques et leur exploitation ailleurs, au formatage de nos esprits, gage de la perte de notre identité culturelle et cultuelle. Pour expliquer cette préférence, le Cheikh avait l’habitude de dire à ses disciples que : « tôt ou tard, l’occupation partira un jour et qu’après son départ, la terre continuera toujours à fournir des richesses dont nous pourront profiter librement. Mais si par malheur, l’envahisseur réussissait à coloniser nos esprits et nos cœurs, ce sera alors nous-mêmes qui nous précipiterions chez lui, même après son départ, pour lui apporter nos richesses sur un plateau d’argent ». 
Serigne Touba n’a jamais cessé de conscientiser ses coreligionnaires sur le complexe d’infériorité auquel l’homme noir était toujours confronté vis-à-vis des occidentaux. 



Pour annihiler toutes formes de complexe du cœur des africains en général et de ses compatriotes en en particulier envers les autres civilisations et cultures, il avait l’habitude de tenir un discours révolutionnaire aux relents de la révolte que l’administration coloniale qualifiait de subversif. Ce passage extrait de son ouvrage « Ilhâmu  Salâm » (Inspiration procédant du [Seigneur] qui assure la  Paix, nous dit assez long de sa détermination contre l’ancrage de contre valeurs dans la société sénégalaise : « Sachez que ces Occidentaux ont été égarés par]  Satan  qui les a menés vers la désobéissance divine, l'audace et la perdition. Il les a leurrés de par son stratagème au point qu'ils se sont mis à parcourir, avec arrogance, le monde entier et à opprimer [les peuples].  Cependant, ceux [d'entre les indigènes] qui ne suivent que leurs passions et les ignorants en sont arrivés à penser qu'ils sont d'un genre supérieur et dotés d'une suprématie naturelle .  Ces stupides insensés n'hésitent même pas à les considérer comme les seigneurs des nobles hommes de Dieu, le Détenteur de la Majesté ! (…)  Aussi les imitent-ils dans la débauche et le vol, de même que dans des habitudes immorales autres que celles- ci. (…) Certains d'entre ces  indigènes  en arrivent à oublier [DIEU], le MAJESTUEUX, et Son Prophète  (…)  Ils sont désormais convaincus que "la Force et la Puissance" en actes  sont entièrement dévolues aux colons, au même titre que le Pouvoir.    Alors qu'en réalité la Force et la Puissance véritables reviennent exclusivement au Créateur des cieux, notre SEIGNEUR, le Novateur (...)   D'aucuns,   parmi  ces autochtones,   ne pensent qu'à les imiter, ne se souciant point, ce faisant, [de suivre les traces du Prophète Élu] selon la Volonté du Créateur, l'Infiniment Capable. (…) Sachez que je n'ai relevé [tous ces travers] que dans le seul but de faire reprendre conscience.  Ô vous les miens, réveillez- vous de l'ivresse du sommeil !  (...) ».



La peau noire a eu en la personne de Cheikh Ahmadou Bamba un défenseur infatigable et objectif contre un préjugé délibérément entretenu par les occidentaux et naïvement accepté par beaucoup d’africains admirateurs de l’autre monde. En effet, il s’est fortement employé à briser les idées préconçues qui font des noirs des sous hommes dotés d’une intelligence naturellement inférieure à celle des blancs. Il est important de souligner ici, que le serviteur du Prophète a mené ce combat de réhabilitation de la peau noire, des années durant, avant l’émergence de grandes figures noires considérées comme précurseurs du panafricanisme ou plus tard de la négritude. Le panafricanisme qui d’autant plus, est véritablement enfanté par la Diaspora africaine. Ses premiers concepteurs sont en effet, les élites Noirs descendants des esclaves. Les africains du continent ne rejoindront le mouvement qu’à la moitié du 20ème siècle. 


Ces mouvements sont certes, révélateurs d'une idée fondamentale, qui est celle d'accorder au peuple noir, principalement issu de l'esclavage, une Histoire, une place essentielle dans l'apport culturel de la société et par le fait pour se défaire du clivage moral qu’a entraîné la traite négrière, et la négation de soi, pour chaque noir d'Occident. Mas situer leur naissance à l’émergence de figures comme William Edward Burghardt Du Bois plus connu sous l’acronyme de: « W. E. B. » Du Bois, Marcus GARVEY et Kwame N’KRUMAH, chantres du panafricanisme relève d’une distorsion des faits historiques et à la limite, d’une malhonnête intellectuelle qui ne dit pas son nom. De même que, quand on parle de la négritude, on pense immédiatement à Aimé Césaire, Léopaul Sédar Senghor et Léon-Gontran Damas qui mirent en avant pour la première fois le terme et la notion de Négritude dans la revue«  L'Etudiant noir », en 1934, soit sept  ans après la disparition de Cheikh Ahmadou Bamba.  De toute évidence, W.E.B Du Bois, l’ainé des panafricanistes précités est moins âgé d’au moins dix ans par rapport à Cheikh Ahmadou Bamba et la précocité intellectuelle du saint homme lui a permis, dès son adolescence, d’écrire des ouvrages et de mener des actions inhabituelles d’un adolescent. Donc à partir de là, la paternité, nous ne disons pas, de ces concepts et notions, mais de ce combat peut être aisément situé dans le temps et dans l’espace pour essayer un peu, de reconstituer une déformation de l’histoire de la révolution africaine.




Bien que la motivation des panafricanistes caractérisée par une ambition de certains d’entre eux d’accéder au pouvoir, soit complètement différente de celle de Cheikh Ahmadou Bamba, qui n’avait aucune ambition autre que de renforcer l’Islam dans continent où le lavage de cerveau des indigènes et la campagne d’évangélisation par les missionnaires français étaient à leur comble. Donc, la nature de leurs combats diffère dans une certaine mesure, mais du point de vue de leurs aspects identitaires, il est possible de les mettre en parallèle. D’autant plus qu’ici, nous nous intéressons plus à la dimension humaine, ésotérique et logique saisissable par tout individu doté d’un minimum potentiel de comprendre, qu’à la dimension religieuse et exotérique du Cheikh.




Il est raisonnable d’admettre que la simple évocation du panafricanisme ou de la négritude renvoient aux noms des personnes citées en haut, si l’on considère que ce sont elles qui en ont crée les concepts et les notions. Mais du point de vu de l’apport culturel et de la défense de la dignité africaine, Ahmadou Bamba est hors catégorie. Dans tous les congrès et conférences panafricains organisés, de la première conférence tenue en juillet 1900 à Londres, aux deux dernières tenues sur le continent africain en 1953 à Kumassi et en 1958 à Accra, un discours plus révolutionnaire et plus fier que ce qu’Ahmadou Bamba énonce dans son livre intitulé « les itinéraires du paradis » masaalikul jinaan, n’a été prononcé. Ici, le guide spirituel invite les gens qui ont un complexe de supériorité envers le noir de juger ses idées et ses écrits sur la base de leur pertinence ou non, sans considérations subjectives sur sa qualité d’homme noir dont il affiche d’ailleurs pleinement, la fierté: « Ne te laisse pas abuser par ma condition d’homme noir pour ne pas profiter de mon ouvrage. Car, l’homme le plus honorable auprès de Dieu est, assurément, celui qui le craint le plus et cela, sans distinction d’aucune sorte ! En effet, la couleur noire de la peau ne saurait en aucune façon, être l’origine de la bêtise d’un homme ou de sa compréhension défectueuse ». Cette prise de conscience de soi et de son identité fût prégnante dans toute l’œuvre intellectuelle du Cheikh, bien que son message global s’adresse à toute l’existence.         




Son engagement religieux, ses prise de positions jugées radicales par l’administration coloniale et le fort sentiment de défiance suscité par l'incroyable affluence faisant jour auprès de Cheikh Ahmadou BAMBA et les effets radicaux que produisait sa formation sur les nouveaux mourides, furent à la base de fortes oppositions de certains guides envieux et des chefs indigènes désemparés. Tout ceci a valu au serviteur du prophète (PSL) de subir entre les mains des colons ce qu’aucun autre résistant n’a subi dans l’histoire coloniale de l’Afrique. Trente et un an de privation de liberté, avec quelques fois un traitement inhumain qui bafoue les règles les plus élémentaires des droits de l’homme: sept ans et huit mois d’internement au Gabon, quatre ans d’exil en Mauritanie, quatre ans et demi de résidence surveillée à Thiéyène et quinze ans encore de résidence surveillée à Diourbel jusqu’à son rappel à Dieu en 1927. Ceci, depuis son déferrement à la convocation du Gouverneur Général suite à une alarmante correspondance du Commandant LECLERC, Administrateur de Saint-Louis  l’incriminant pour « agitations causées par son enseignement ».




Ce jour de 18 du mois de Safar 1313 de l'Hégire, correspondant au samedi 10 Août 1895, constituera, plus tard, celui de la célébration du grand Magal de Touba, car cette épreuve préfigurait déjà aux yeux du Cheikh le Succès et les Avantages Inestimables que le TOUT-PUISSANT dissimulait dans le service qu'il comptait effectuer pour le Meilleur des humains, le Prophète (PSL). Toutes ces péripéties et tant d’autre sur lesquelles l’exigüité de l’espace dont nous disposons ne permet pas de revenir, n’ont pas empêché à Ahmadou Bamba de continuer sa  marche victorieuse, qui  aboutit à la création de la Mouridiya  en 1882 alors qu’il  était âgé seulement, de 29 ans.  Cela, dans un contexte socioculturel marqué par la prééminence de deux confréries en Afrique ; à savoir : la Quadriya et la Tidjaniya.




Fidèle à ses visées spirituelles inégalables, Cheikhoul Khadime, appartenant au paravent et par héritage de son père, à la Tariqua Quadiriya née en Irak et pratiquant de sa propre volonté la Tarîqa Tidjaniya née au Maroc, avait une ambition religieuse qui surpassait de très loin tout ce que ces cadres de dévotion offraient comme opportunités pour répondre à ses aspirations spirituelles et celles de ses disciples.  Ainsi, a-t-il  proposé au sénégalais une offre made in Sénégal, tout en suivant une approche prospective efficace et adaptée aux réalités du milieu,  avant de mettre sur le marché islamique un produit appelé Almouridiya. Ce produit, bien que sénégalais étant né au Sénégal, s’inscrit dans une dynamique universelle,  de par ses  normes d’un Bien commun non appropriable, et ciblant toute l'humanité.  Par un souci d’inclusion évitant toute forme d’exclusion, il a chois la dénomination commune que tous les Maîtres Soufis appliquent sur  celui qui embrasse le soufisme (Al mouride) signifiant l’aspirant à Dieu, pour nommer celui qui lui fait acte d’allégeance,  et Almouridiya constituant le cadre d’épanouissement religieux du Mouride, pour désigner la voie qu’il a fondée.  Qui alors parmi tous les musulmans ne se réclamerait aspirant à Dieu ?  




Le respect et la vénération que le fondateur de la Mouridiya, ou Mouridisme, voue aux guides des anciennes confréries qu’il a pratiquées ne lui ont pas empêché de croire qu’avec la forte conviction et la persévérance dans la voie de Dieu, il est possible d’arriver à leurs niveaux ou pourquoi pas, les dépasser. Pour Khadimou Rassoul, ces  guides ont obtenu leurs rangs auprès du SEIGNEUR, et  atteint leurs niveaux de spiritualité grâce à leur engagement indéfectible sur la voie de Dieu. Il dit dans masaalikul jinaan – ce qui fait montre de son affranchissement dès le bas âge du complexe racial et idéologique - afin de prouver que rééditer la même prouesse est possible : « N’accordez pas l’exclusivité des Avantages de Dieu aux seuls anciens car vous tomberez alors dans l’égarement. Il arrive souvent qu’un homme des temps modernes maitrise des secrets qu’ignoraient les hommes des temps anciens… ».



Pour témoigner le mérite de ces érudits de l’Islam, ce qui dénote de son ouverture d’esprit, il écrit à leur égard : « Tous les wirds (confréries) mènent le disciple qui s’y consacre assidument vers le voisinage de Dieu. Peu importe que ce wird provienne de Cheikh Abdoul Khadre Al-djlîânî, de Cheikh Ahmed At-tîdjânî ou d’un autre parmi les pôles spirituels. Car, ils sont tous, dans la bonne direction et incitent les disciples dans l’adoration du Maître du Trône et les conduisent vers le droit chemin. Gardez-vous donc de jamais mépriser un quelconque wird ou d’en critiquer un autre » (masaalikul jinaan).  Cet extrait montre la conviction qu’Ahmadou Bamba a toujours eu que dans son Khidma (service rendu au Prophète), il pouvait allait plus loin que n’importe quel autre serviteur et jusqu’à surtout, offrir aux disciples qui le suivent un cadre de pratique religieuse, qui leur facilite l’accession au voisinage de Dieu. Mais également, son ouverture aux vents fécondants des autres voies et opportunités offertes par ses prédécesseurs en Islam.



Dans le contexte actuel,  où l’islam souffre du terrorisme, par le fait de Djiahadistes ayant une lecture biaisée du message coranique  transmis le Prophète Mouhamed (PSL), et  mis en pratique de la meilleure des façons par Cheikh Ahmadou Bamba ; et que des jeunes qui ont subi un lavage de cerveau servent de cobayes à ces djihadistes pour exécuter leurs plans macabres, son enseignement doit être assimilés pour de bon. La forme du djihad mené par Ahmadou Bamba et les résultats qu’il a donnés, invitent à  revisiter son œuvre, au grand bénéfice de l’Homme. Si les combattants «au nom de l’Islam» des temps qui courent s’inscrivaient dans la logique que le saint homme nous a léguée, basée sur les sciences et la piété, et mettant l’accent sur le verstes 125 de la Sourate 16 du Coran, qui s’adressait ainsi prophète de l’Islam : « Appelle vers la voie de ton Seigneur par la sagesse et la belle prédication… », il n’y aurait pas aujourd’hui, de menace terroriste attribuée à l’Islam qui est pourtant une religion de paix, encore moins d’attentats opérant des carnages sur de paisibles innocents qui n’ont rien à voir avec les tensions et autres positionnements géopolitiques de certains pays occidentaux  et par fois provocateurs, souvent à l’origine de ces attaques ciblées et imprévisibles. 



Dieureudieuf Serigne Touba !

                                                              
                                                                                            Serigne Saliou FALL
                                                                                    Petit Fils de Cheikh Ibra FALL                        
                                                                                    Tel : 77532 79 69  // 70640 51 01
                                                                                    Mail : serignesalioufall2@gmail.com


dimanche 26 octobre 2014

Célébration de la naissance de Serigne Abdou Khadre Mbacké « Touba rend hommage à l'Imam des Imams »

Être supérieur, aux prédispositions précoces, enclin à la solitude, à la méditation et à l’adoration du prophète Mohammed (saw), le qualificatif le plus répandu à l’évocation du nom de Serigne Abdou Khadre est : UN HOMME DE DIEU. Ceux qui l’ont approché durant sa vie sont, les uns après les autres, frappés par la foi qui l’habite et qui imprègne chacun de ses gestes, par le rayonnement qui émane de sa personne. Le centenaire de la naissance de cet homme de DIEU sera célébré ce lundi 27 octobre à TOUBA, la sainte.

LA NAISSANCE DE SERIGNE ABDOU KHADRE


 Fils de Sokhna Aminatou Bousso, Serigne Abdou Khadre Mbacke est né le vendredi 3 Moharam (Tamkharit) de l’an 1333 H (1914) à Dar El Amine El Khabir plus connu sous le nom de NDAME. Les chroniques qui retracent sa vie  constituent pour les musulmans un réservoir inépuisable d’exemples à suivre, de gestes à méditer et de vérités à retrouver au quotidien. En atteste les propos illustratifs de la dimension prodigieuse de cet grand homme,  tenus par  Serigne Touba Khadimou Rassoul  suite à sa naissance.

Informé de l’heureux événement par Serigne Dame Abdourahmane Lo, Cheikh El Khadim  a demandé à Mame Thierno Ibra Faty de se rendre à NDAME pour faire le nécessaire requis en de pareilles occasions. Au moment du départ, après lui avoir donné sa bénédiction, Serigne Touba dit à  Mame Thierno : "Au nom et par la baraka de ce nouveau-né que tu vas visiter, sache qu’au cours de ton voyage, à l’aller comme au retour, tous ceux que tu auras à rencontrer ou à voir sont préservés des flammes de l’enfer ! "

SERIGNE ABDOU KHADRE ET LE CORAN


Serigne Abdou Khadre a passé les premières années de sa vie remplie de bienfaits à NDAME. A l’âge de 7ans, Serigne Touba Khadimou Rassoul qui devait lui apprendre ses premières lecons d’alphabétisation,  envoya Serigne Matar Sourang le chercher pour l’emmener à Diourbel. Un voyage  empreint d’instructions à respecter  durant tout  le trajet NDAME-DIOURBEL. Serigne Touba Khadimou Rassoul  dit à Serigne Matar Sourang de ne pas  se déplacer avec Serigne Abdou Khadre sous le soleil et d’éviter de l’exposer aux regards des gens. Des instructions scrupuleusement respectées par ce dernier.

Serigne Abdou Khadre séjourna ainsi auprès de son vénéré père durant quelques jours avant de retourner à NDAME auprès de Serigne Dame Abdourahmane Lo pour apprendre le Coran. Plus tard, il est confié à Serigne Mbacké Bousso pour une maitrise sans équivoque du Livre Saint. Ce dernier demanda à Serigne Birahim Ndiaye de s’occuper de son enseignement suivant une approche pédagogique calquée sur la dimension religieuse du fils de Khadimou Rassoul.

 Pendant son séjour à GUEDE, les témoignages reçus ont révélé qu’étant très jeune, Serigne Abdou Khadre montrait déjà les traits d’un homme distingué,  très préoccupé par son Seigneur, par les sciences religieuses, les hadiths et l’histoire de l’Islam.

Un comportement qui nous rappelle celui du Prophète Mouhammed (saw) relaté dans le livre «  AMSYA ». Comme le révèle Bousseyrie « Le Saint Prophète a un don inné de l’adoration. Même étant très jeune, il a toujours rendu un culte à son seigneur »

A un temps record, Serigne Abdou Khadre maitrisa le Coran et écrivit un « Kamil », comprenez «  Livre Saint ». Il a ensuite fait un bref séjour à Diourbel auprès d’un grand érudit Serigne Mamadou Dème avant de revenir auprès de Serigne Mbacké Bousso pour terminer ses études de droit islamique, de philosophie, de grammaire, en somme de toutes les sciences religieuses.

LA VIE ET L’ŒUVRE  DE SERIGNE ABDOU KHADRE


Durant toute sa vie, Serigne Abdou Khadre a mené sa mission en parfaite conformité avec la Sunna. Il ne s’est jamais départi de ses obligations divines quelque soit les situations dans lesquelles il se trouvait. Serigne Abdou Khadre était un adepte  de l’orthodoxie et accordait une importance particulière aux recommandations de l’Islam.

Serigne Abdou Aziz Sy Dabakh disait « qu’il est le prototype des guides car il respecte et vivifie la voie de Serigne Touba Khadimou Rassoul en serrant de très prés le Coran et la Sunna du Prophète Mohammad (saw) ».

Serigne Abdou Khadre ne polémiquait  jamais. Il n’accordait aucune importance aux biens matériels. Il attendait tout de Serigne Touba. De son vivant, il n’a eu que trois maisons : Bakhdad (fondé en 1938 sous le ndiguel de Serigne Mouhamadou Moustapha 1er Khalif de Serigne Touba ou il a reçu plusieurs fois la visite du Prophète Mohammad), Boustane (fondé en 1981 sous la direction de son fils ainé Serigne Modou qui s’occupait des travaux champêtres et du fonctionnement  des daaras) et le domicile de Touba.

Des concessions sans valeur matérielle cependant. L’on se rappelle d’ailleurs  qu’il a toujours refusé de transformer en bâtiments son domicile de Touba. Jusqu’aux années 72-73, il  était fait en grande partie de tôles  au grand regret de ses frères et des talibés.

A ce sujet, Serigne Mouhamadou Lamine Diop m’a raconté qu’un jour feu Ndiouga Kébé avait remis à Serigne Abdou Khadre 1.000.000 de FCFA en guise d’adiya  en lui demandant d’utiliser l’argent pour transformer sa maison de Touba, conformément à l’architecture de la ville sainte. Mais le marabout ne pouvait se permettre une telle chose au moment ou, tout près de lui, des musulmans peinaient à manger à leur faim. Et l’intégralité de ce pactole (à l’époque) a été distribuée aux nécessiteux qui en avaient le plus besoin. N’eut été la détermination et la ruse de Serigne Abdou Lahat, aucun changement ne serait apporté à son domicile de Touba.

Fin sunnite, Serigne Abdou Khadre se préoccupait toujours des conditions de vie de ses coreligionnaires et consacrait tout son temps à la prière, à la méditation, à l’enseignement coranique et au respect stricte des fondamentaux de l’islam. Il a prié en public pendant 55 ans et a dirigé les prières familiales jusqu’au jour ou il fut chargé d’exercer les fonctions d’imam de la grande mosquée de Touba par Serigne Abdou Lahat.  

Serigne Abdou Khadre a été l’imam de la grande mosquée de Touba pendant 21ans durant lesquels il a toujours, pendant ses prêches, exhorté les musulmans et particulièrement les mourides au travail, à la prière et à la rectitude conformément aux recommandations de Serigne Touba Khadimou Rassoul et aux prescriptions de l’islam. En plus de ses charges d’imam de la grande mosquée de Touba après la disparition de son frère Serigne Fallou Mbacké, Serigne Abdou Khadre n’avait jamais manqué une prière à la mosquée qu’il avait construite dans son domicile.

Digne représentant de Khadimou Rassoul, Serigne Abdou Khadre ne sous-estimait personne. Il cherchait toujours à mettre à l’aise son entourage et rendait très souvent visite à ses parents ou ses talibés, quelque soit la distance. Il aimait d’ailleurs rappelé aux gens les liens de parenté qui les unissent.
Quatrième Khalifat de Serigne Touba Khadimou Rassoul pendant 11 mois seulement, Serigne Abdou Khadre a quitté ce bas monde en 1990 à l’âge de 77 ans,  laissant derrière lui un sentiment d’inachevé.
 
 
Pape SENE, Journaliste  
Consultant en Communication
                                                              

mercredi 22 octobre 2014

Le Magal de Serigne Abdou Khadre Mbacké célébré le Lundi 27 Octobre 2014 à Touba

Cet homme hors du commun qui a marqué son temps et qui, à n’en pas douter, continuera pour l’éternité, d’inspirer la quête de spiritualité de la Mouridiya en particulier, et de toute la communauté musulmane en général.

Qui était-il, ce personnage dont le charisme a atteint des sommets rarement égalés et qui ne nous a laissé qu’un seul regret : la brièveté de son exercice du Khalifat ?

Divers témoignages de sources autorisées (en particulier celui de son neveu Serigne Modou Mamoune BOUSSO, Imam de la Grande Mosquée) nous permettront de tenter de cerner les contours de cette personnalité absolument exceptionnelle à tous les points de vue.

UNE NAISSANCE QUI SIGNIFIE BENEDICTION ET SALUT POUR L’HUMANITE

Serigne Abdou Khadre est venu au monde une certaine nuit d’un vendredi 03 Muharram 1333 de l’hégire, 1914 du calendrier grégorien à Darul Âlimul Khabir , NDAME. Dès qu’on lui annonça l’heureux événement, Cheikh Ahmadou BAMBA convoqua sur le champ son frère et homme de confiance, Serigne Thierno Ibra Faty (Mame Thierno) de Darou Mouhty dans le but de lui confier la mission de se rendre à NDAME pour faire le nécessaire requis pour la circonstance . Au moment du départ, après lui avoir donné sa bénédiction, le Maître dit à Mame Thierno : "Au nom et par la baraka de ce nouveau-né que tu vas visiter, sache qu’au cours de ton voyage, à l’aller comme au retour, tous ceux que tu auras à rencontrer ou à voir sont préservés des flammes de l’enfer ! "

AUTRE SIGNE PRÉMONITOIRE : UNE ILLUSTRE ASCENDANCE MATERNELLE D’ÉRUDITS

Sa vertueuse mère Sokhna Aminata BOUSSO est la fille de Serigne MBOUSSOBE, un frère de Sokhna Diarra, la vertueuse mère de Cheikh Ahmadou Bamba . Ainsi Serigne Abdou Khadr aurait été le neveu du Cheikh, s’il n’avait été son fils. De cette naissance, il a hérité d’une piété si profonde que nul n’est surpris que, tout naturellement, il ait exercé, toute sa vie durant les fonctions d’Imam. D’ailleurs, depuis 1968, date de la disparition de Serigne Fallou deuxième Khalif du mouridisme, c’est lui qui a régulièrement officié à la Grande Mosquée de Touba.
Si tout porte à croire qu’il ressemblait à Serigne Touba à tout point de vue, La communauté mouride en tout cas elle, en est persuadée !

- Sur le plan physique
Les grands disciples qui, ont eu le bonheur d’être des contemporains de Serigne Touba n’ont jamais fait mystère de leur sentiment qu’en Serigne Abdou Khadre, c’est bien Cheikhoul Khadim qui était revenu parmi les siens. En effet, soulignent-ils, ils avaient la même silhouette frêle et menue d’apparence, la même vêture sobre mais adaptée à l’ascèse, la même démarche rapide, surtout si la destination est un lieu de dévotion.

Leurs traits étaient également empreints de la même sérénité et reflétaient le même bienveillant amour pour leur prochain mais aussi leur farouche détermination à repousser toute forme de compromis dans le service de Dieu et de son Elu (Paix et Salut sur Lui) La même douce lumière divine illuminait leurs yeux pleins de compassion pour le genre humain.

- Sur le plan du respect scrupuleux de la Sunna

Les observateurs attestent qu’il marchait scrupuleusement sur les traces de son vénéré père. En effet, Serigne Abdoul Khadr avait une connaissance si extraordinairement approfondie des Hadiths et de l’histoire de l’Islam en général, qu’en la matière, il était devenu une référence.

Il affectionnait particulièrement, entretenir son entourage de la vie et des faits du Prophète (Paix et Salut sur Lui.) et de ses Glorieux Compagnons. Il en parlait avec une précision si étonnante, un soin du détail si poussé qu’on avait l’impression qu’il les avait connus physiquement Les couleurs habituelles de leurs vêtements, la carnation de leur peau, la texture de leurs chevelures, les détails particuliers de leurs personnalités, leurs traits de caractère distinctifs, tout, jusqu’aux faits d’armes dont les uns et les autres sont crédités, leur niveau d’érudition et les capacités de chacun, tout était passé en revue avec minutie, comme s’il parlait d’amis qu’il pratique au quotidien.

Evidemment la sunna n’avait pas de secret pour lui. Et, comme son père, il mettait un soin particulier à se conformer à ce modèle parfait. Tous ses faits et gestes, comme ses paroles, étaient calqués sur ceux du Meilleur des hommes (Paix et Salut sur Lui.) Comme pour son père, on notait chez lui un regain de dynamisme frisant même l’euphorie à l’approche de l’heure de la prière.

On le voyait alors s’apprêter avec la plus soigneuse minutie. Le Cheikh, Serigne Abdoul Khadre considérait la prière comme une comparution devant LE MAITRE DU TRONE. Il fallait donc pour cet instant solennel observer un soin corporel et vestimentaire trés minutieux . On pouvait alors voir Serigne Abdoul Khadre, délicieusement parfumé des senteurs les plus suaves, se rendre au lieu de culte d’un pas alerte, plein d’entrain.

En tout cas, le commun des mourides est persuadé que celui qui a vu Serigne Abdoul Khadre a vu Serigne Touba. Il n’est, pour s’en persuader, que son mausolée sis à l’est de la Grande Mosquée de Touba. Il ne désemplit jamais.

SERIGNE ABDOU KHADRE, HOMME DE GRANDE GENEROSITE

Serigne Abdoul Khadre avait un sens très aigu de la famille. A la vérité, c’est le genre humain qu’il chérissait. Nous n’en voulons pour preuve que cette propension irrépressible qui le poussait à toujours chercher à répandre le bonheur autour de lui.

Des témoignages, divers mais concordants rapportent la joie presque palpable qui saisit Cheikh Abdoul Khadr, chaque fois qu’il avait l’occasion de rendre service. Cela était tellement vrai qu’il lui est arrivé à, plusieurs reprises, d’allouer une récompense consistante à une personne pour la raison suivante : elle avait porté à sa connaissance le cas d’un individu dont la situation nécessitait l’intervention d’une main secourable. Il était tellement heureux d’avoir ainsi l’occasion de soulager les maux d’un frère musulman que, pour lui, celui qui avait attiré son attention sur ce cas méritait une récompense.

Ainsi, il n’a jamais éconduit un solliciteur. D’ailleurs c’est lui qui incitait les nécessiteux à recourir à lui. Cheikh Abdou Khadr était très prodigue de ses prières sur tous ceux qui le sollicitaient à cet effet, surtout les malades qu’il guérissait de façon quasi miraculeuse si, tout bonnement, il ne " mettait pas la main à la poche " pour régler leurs frais médicaux, les ordonnances y compris.

Aussi souvent qu’il le pouvait, il procédait lui-même à la prière sur les morts. Cela était interprété très positivement par des populations qui y voyaient des preuves, s’il en était encore besoin, de sa profonde humanité, de son étroite implication dans toute forme d’action dont la finalité est le soulagement, le bonheur des populations.

Ami de tout le monde, il avait une popularité telle que tous les habitants de Touba, à commencer par ses frères, le considéraient comme leur guide religieux. Serigne Abdoul Khadre Mbacké était un Hakim qui concillait la sharia et la haqiqa, d’autres diront que c’était la sharia en personne qui marchait sur terre. Ses contemporains l’appelait encore Al muftil Qudàti c’est à dire le maître chargé de la formation des Cadi (juges)

OÙ A-T-IL ACQUIS L’ERUDITION QUI LUI A VALU LA DISTINCTION SOUS LE NOM D’ IMAM DES IMAMS ?

Sa lignée maternelle, les BOUSSOBES, le rattache à une ascendance chérifienne. La tradition familiale est l’érudition coranique poussée à ses limites et la maîtrise parfaite des Sciences religieuses jusque dans leurs arcanes les plus ésotériques. Ce n’est pas par hasard si c’est la famille BOUSSOBE qui fournit en général les officiants aux fonctions d’Imam dans la Ville Sainte de Touba.

C’est le Cheikh Ahmadou Bamba lui même qui l’initia à l’apprentissage du Coran et lui confia à Serigne Ndame Abdourahmane LÔ, sous la férule de qui , Serigne Abdou Khadre a maîtrisé très tôt le Coran. Ce fut ensuite pour se rendre à GUEDE chez son oncle Serigne Mbacké Bousso, c’était en 1926, dans le but d’étudier les Sciences Religieuses, études qu’il complètera auprès de Serigne Modou DEME, un érudit incomparable qu’on désignait d’ailleurs par le surnom révélateur de "Alimu Sùdaan. " ( le savant du pays des noirs)

Le produit qui est issu d’une telle formation est parfait à tout point de vue. Il a développé une telle élévation spirituelle et morale que tout naturellement il est devenu ce pôle auquel se réfèrent tous ses contemporains. Par exemple, il n’était certes pas le plus âgé de la famille du Cheikh, loin s’en faut, mais il avait un charisme tel que tous ses frères reconnaissaient et acceptaient implicitement son autorité morale.

Ils admiraient sa droiture, son désintérêt pour les choses de ce monde, son peu d’attachement aux biens terrestres. D’ailleurs, il est connu que toute sa vie durant, il n’a manqué la prière du vendredi à la Grande Mosquée que pendant son séjour en terre saoudienne pour les besoins du pèlerinage en 1978.

Autre exemple, la reconnaissance de facto de son autorité morale par toute la communauté musulmane du pays (même les non mourides) qui a déploré avec douleur la disparition de l’IMAN DES IMAMS quand il nous a quittés ce jour fatidique du dimanche 13 mai 1990.

L’ETUDE DES VESTIGES DE CHEIKHOUL KHADIM PORTEE A SON PAROXYSME

Serigne Abdoul Khadr accordait une importance à tout ce qui touche la famille de Cheikhoul Khadim. A la vérité, c’est qu’il vouait à son pére et Maître spirituel une considération sans commune mesure. Le prolongement naturel de cet amour que tout le monde lui connaissait et qui le conduisait très souvent à effectuer d’émouvantes ziarra sur les mausolées des membres de la famille du Cheikh comme sur ceux de ses grands disciples.

Ainsi il se rendait souvent au village de Nawel sur la tombe de Sokhna Asta Walo, la mère de Sokhna Diarra BOUSSO, sa vénérable grand-mère dont il visitait fréquemment le mausolée à la ville de Porokhane. Il faisait de fréquentes visites de recueillement , à Sagatta Djolof sur le sépulcre de Mame Mâram, un ancêtre du Cheikh, comme à Dekhelé où repose Serigne Mor Anta Sally son grand-père paternel. Les mausolées de Serigne Mboussobé son grand-père maternel et de son oncle Mame Mor Diarra à Mboussobé recevaient aussi ses visites assidues, de même que celui de Mame Bara Sadio, un grand-oncle du Cheikh, à Bofel.

C’est celà qui explique le profond et indéfectible attachement qui liait Serigne Abdoul Khadr à son oncle Serigne Thierno Ibra Faty. Il lui rendait de fréquentes visites à Darul Muhty et, bien après la disparition du Saint Homme, il a continué à entretenir d’excellents rapports avec sa famille.

QUE POUVONS-NOUS RETENIR DE CETTE LUMIERE QUI A ILLUMUNE NOTRE VIE ?

Serigne Abdoul Khadre, sur les traces de son illustre père, nous a enseigné ce que sont en réalité l’Islam et son corollaire, le service exclusif d’Allah. Sa vie n’a été que la défense et l’illustration de ce credo. A l’image de son Père et Maître, toutes ses démarches et toutes ses entreprises ont toujours été parées du label "al istiqâma". Voilà fondamentalement ce que Serigne Abdou Khadre nous a appris et que nous devons retenir : la droiture, cette droiture doublée du sens de la mesure et qui est la marque distinctive des élus de Dieu.

Autant le Cheikh disait à qui veut l’entendre que ses ennemis peuvent tout dire de lui sauf qu’ils l’ont vu ou entendu, un jour, faire ou dire quelque chose que Dieu réprouve, autant Serigne Abdou Khadr mettait un point d’honneur à être ce pôle vers lequel convergent tous les cœurs qui cherchent un modèle de droiture susceptible de les conduire sur la voie dénommée "çirâtal mustaqîma. "

CONCLUSION

Encore aujourd’hui nous nous souvenons avec émotion de Serigne Abdou Khadre. Nous revoyons dans nos cœurs ce visage empreint d’une douceur angélique. Par dessus ses lunettes qu’il portait très bas sur le nez, il posait un regard indulgent sur l’assistance venue solliciter ses prières et sa bénédiction. Alors on pouvait sentir, presque physiquement, la caresse de ce regard chaleureux venu d’un grand cœur débordant d’une généreuse et débordante mansuétude pour les créatures de DIEU.
A nos oreilles résonne encore le timbre bien posé de sa voix. Et, bien souvent, nous avons l’impression de l’entendre encore déclamer, de la façon magistrale et sublime dont lui seul avait le secret, les sourates qu’il récitait lors des prières du vendredi à la Grande Mosquée. Alors, c’est à grand’ peine qu’on réussit à réprimer les sanglots qui montent du plus profond de notre être.

L’amertume d’une perte prématurée ressurgit, surtout si l’on pense aux réponses qu’il faisait à tous ceux qui, s’adressant à lui, lui souhaitaient longue vie. A ceux-là, il répondait avec un demi-sourire : " Ce serait tout bénéfique pour vous ! " Nous avons la certitude que, s’il avait plu à Dieu de nous le laisser, nous aurions vécu une période particulièrement faste.

Encore aujourd’hui, ses exploitations agricoles et daaras de Guédé, Boustane et Bakhdad perpétuent le souvenir d’un saint, d’un érudit incomparable et d’un serviteur de Dieu inégalable.

Tout de même, il y a une petite atténuation à notre détresse : Serigne Abdou Khadre lui-même, semblait savoir que son magistère allait être éphémère. En effet, à tous ceux qui lui présentaient un projet qui s’inscrit dans la durée, il demandait invariablement d’en faire part, plutôt, à Serigne Saliou, celui qui allait lui succéder dans les fonctions de Khalife. Comme s’il savait qu’il n’aurait pas le temps d’entreprendre ou de piloter quoi que ce soit qui doive aller au delà du très court terme.

Tel un éclair fulgurant, Serigne Abdou Khadre a traversé le ciel de l’Islam, laissant pantois un peuple abasourdi, encore incrédule d’avoir compté dans ses rangs un "esclave de Dieu" de cette dimension. DIEU qui nous l’avait donné pour notre bonheur nous l’a arraché après seulement onze mois de magistère. Il aura vécu un séjour terrestre de 75 ans. Exactement comme son père !

A Dieu qui nous l’avait donné nous disons : "Innâ li lâhi wa innâ ilayhi râjihùn " De Lui nous venons, à Lui nous retournerons. Que Sa volonté s’accomplisse ! Bénis soient ses arrêts, même si notre pauvre nature humaine, imparfaite par essence, a de la peine à endurer les douleurs qu’ils peuvent engendrer.

mardi 14 octobre 2014

Khelcom 2014: la communauté mouride se donne rendez-vous les 18, 19 et 20 octobre pour récolter 3000 ha de mil

C’est au cours d’une rencontre qui s’est tenue à Boustane, localité située à près de 5 kilomètres de Ngékhokh (Mbour), que Serigne Cheikh Saliou MBACKE en a fait l’annonce, à travers son porte-parole, Serigne Saliou Mbacké "Ndiouroul’’.

Ce dernier de préciser que contrairement à l’année dernière où les travaux champêtres n’ont duré qu’une journée, cette fois-ci il est attendu beaucoup plus de bras que d’habitude. Cela à cause de l’importance des travaux à effectuer qui, selon leurs estimations, devrait aller au-delà des 24 heures. 

Un des fidèles du maître des lieux, Cheikh Amar, par la voix de Mbaye Amar, chargé de logistique, travaillant aux côtés du patron du Tse, s’est lui engagé à convoyer tous ceux qui désirent se rendre dans le périmètre de Khelcom. Selon lui, cette année, beaucoup d’hectares de mil ont été cultivés, malgré le démarrage tardif de la saison des pluies qui avait suscité des craintes chez les agriculteurs.