jeudi 13 février 2014

Touba, future pôle de développement religieuse d'une ville [par Seydina Ousmane Sylla ]

La communauté rurale de Touba, deuxième ville du Sénégal sur le plan démographique, doit changer de statut.
Aujourd’hui, Touba est composé de milliers de villages. ‘C’est pourquoi, Touba ne peut plus continuer à être une communauté rurale. Si vous prenez le département de Mbacké, le chef-lieu de département qui se trouve être Mbacké est dans le territoire physique de Touba. Vous voyez que Mbacké, qui est une commune, se trouve dans Touba. Alors que Mbacké ne correspond même pas à un quartier de la ville sainte. Je pense que, physiquement, Touba ne doit plus être une communauté rurale. Démographiquement, Touba, qui est la deuxième ville du Sénégal, ne doit plus être une communauté rurale.

La ville de Touba a été fondée en 1887 par le cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul qui a été mis en exil dans ce qui était auparavant une forêt ; avec ses disciples, il a construit cette ville. La ville de Touba est de nos jours l'une des plus grandes villes du Sénégal, de par sa démographie, son activité économique surtout tertiaire.

Quand expansion démographique rime avec croissance économique:
L’explosion démographique de Touba s’est amorcée depuis les années 70 et continue de nos jours à interpeller les démographes et les sociologues. Ce boom démographique s’explique par trois paramètres : Le dépeuplement de certains villages situés autour de Touba et même d’ailleurs au profit de ce dernier pour des raisons d’ordre économique. CE phénomène, s’ajoute le retour à la terre sainte de migrants mourides qui, dans les années 60 et 70, sont partis massivement vers Dakar et d’autres villes pour y exercer le commerce. Ce mouvement s’est même étendu sur le plan international dans les années 80 qui a vu l’émigration massive des mourides vers les pays d’Afrique puis d’Europe (France, Italie, Espagne…). Contrairement à l’immigration asiatique vers l’Europe ou celle européenne vers l’Amérique, l’immigration sénégalaise, plus particulièrement mouride, aspire à revenir vers son pays d’origine et aujourd’hui, pour la plupart, vers Touba. Ce retour se fait, dans un premier temps, par la construction dune maison à Touba, l’implantation de la famille et la mise en place d’une activité économique qui, pour l’instant, est essentiellement commerciale. Quel que soit le jugement sur le caractère productif, rentable ou non de ces investissements, il y a lieu de constater une croissance importante des besoins sur tous les plans : croissance des besoins dans le domaine du matériel de production et des besoins en alimentation, en téléphonie, en électricité, en eau. Certaines entreprises ont très vite senti l’intérêt qu’il faut porter sur cette vitalité économique et ont commencé à trouver des réponses aux besoins économiques des populations. Selon l’Agence Nationale de la Statistique, le recensement de 2004 indiquait que le département de Mbacké, rattaché à Touba, avait une population de 629 330 habitants ; une situation qui, de facto, propulse Touba au rang de 2e ville du Sénégal, tant sur le plan démographique qu’économique.
Jamais les zones urbaines n'ont suscité autant d'intérêts contradictoires et d'inquiétudes que ces dernières années. Les centres-villes sont aujourd'hui coincés entre la tentation de la fuite en avant "faire comme si de rien n'était" et la nécessité de garantir l'avenir en répondant au double défi: développer un espace de vie, pour y maintenir et attirer des habitants, et assurer un développement économique durable.

Lieu de rencontre des malades et médecins, terreau du développement de la sante, l'hôpital de Djanatou Mahwa  est le porte-drapeau du développement et de la bonne santé d'un bassin de vie. Elle constitue un indicateur de qualité pour les malades et visiteurs étrangers et un repère d'identification médicale  pour la population locale. Le rayonnement d'un centre-ville n'a d'égal que sa fragilité et sa complexité. C'est un espace de vie multifonctionnel, multiculturel où les risques de conflits entre acteurs et utilisateurs sont nombreux. Et si l'Etat du Sénégal prendra en charge les médecins de l'hôpital il n'y aura plus de problème sanitaire ou salaire.

Ce lieu de vie implique un mode de gestion spécifique basé sur un partenariat public-privé doté d'une vision globale et cohérente: la gestion de l'hôpital Djanatou Mahwa

Le développement d’un hôpital ou d'un centre de recherche dynamique implique de mener des actions. Le succès de la gestion de l'hôpital repose sur la pérennité et la cohérence de l'action. Ce type de management doit donc disposer de moyens efficaces et structurels.

L'expérience nous prouve qu'il est souvent plus facile de convaincre de réaliser de grands projets de rénovation urbaine impliquant des budgets considérables que de trouver des moyens, nettement plus modestes, pour assurer un entretien quotidien efficace d’un hôpital. L'hôpital est le centre de recherche scientifique le plus utile dans une ville. Elle mérite donc une attention particulière. Des équipes d'intervention rapide en partenariat public-privé peuvent renforcer le travail effectué par l'autorité publique et garantir la qualité de l'espace public. Les propriétaires doivent veiller à entretenir leur bâtiment. L'investissement privé doit être encouragé et soumis à des règles claires en termes d'urbanisme. Des incitants financiers peuvent ainsi être mis en place; un accompagnement à la rénovation des centres de recherches scientifique et médicale peuvent être proposé.

Seydina Ousmane Sylla Mbakoll
University of Colorado at Denver
Médical Center/département science

mercredi 12 février 2014

Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre en visite d’amitié en Mauritanie

Quelques semaines après l’organisation du Grand Magal de Touba, Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre, porte-parole du Khalife général des Mourides effectue actuellement une visite d’amitié en République islamique de Mauritanie. Dans l’agenda du chef religieux, figurent des rencontres avec plusieurs personnalités religieuses. Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre visitera aussi des instituts islamiques qui accueillent plusieurs fils de Touba, venus poursuivre leurs études sur cette terre d’Islam.

Point d’orgue de cette tournée, la rencontre prévue le jeudi 13 février 2014 à Keur Serigne Touba Nouakchott avec les Dahiras Mourides sous l’égide de Serigne Sidy Mbacké Ibn Cheikh Mourtalla Mbacké Khadimou Rassoul.Une rencontre culturelle et islamique est aussi prévue le lundi 17 février 2014 avec la participation de la ligue des Oulémas de Mauritanie, des associations islamiques  et du corps diplomatique basé à Nouakchott. Thème de cette rencontre : La place du Prophète Seydina Mouhamed dans les écrits de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du mouridisme.Le porte-parole du Khalife général des Mourides est accompagné  d’une forte délégation composée d’une vingtaine de dignitaires.

samedi 8 février 2014

LES ORIGINES MOURIDES DU PROFESSEUR CHEIKH ANTA DIOP [par A. Aziz Mbacké Majalis]

[Extraits de «KHIDMA : La Vision Politique de Cheikh A. Bamba» de A. Aziz Mbacké Majalis, pp. 304-309, publiés à l'occasion de la célébration, ce 7 février 2014, du 28e anniversaire de la disparition de l'illustre chercheur]


« Bien que beaucoup l’ignorent encore totalement (ou refusent sciemment d’y faire allusion, car détail considéré comme intellectuellement assez « embarrassant »), Cheikh Anta Dio, qui est né dans une famille mouride et porte le nom du frère cadet de Cheikh A. Bamba (Mame Cheikh Anta Mbacké), fut élevé entre « Keur gu Mag » (la demeure de Cheikh A. Bamba à Diourbel) et « Keur Cheikh » (le quartier de Cheikh Ibrahima Fall) où il entama son enseignement coranique. Période qu'il décrit en ces termes dans un de ses ouvrages (L'Afrique noire précoloniale) : « L'Africain a une conception paradoxale de la formation de l'homme et du caractère [de l'enfant]. Il pense que dès la plus tendre enfance, avant l'installation des habitudes nocives, il faut entraîner le corps et l'esprit à l'endurance physique et morale [dans une école coranique, éloignée de préférence du milieu familial] (…) Je fus ainsi envoyé, durant 4 ans à Coki, ramené à Diourbel-Plateau (à Kër Gu Mag – La Grande Maison, celle de Ahmadou Bamba, fondateur du mouridisme) et de nouveau à Kër Cheikh (Ibra Fall). On récite le Coran à 11 ans en moyenne, sans pouvoir en traduire une seule phrase. On est en même temps capable d'écrire de mémoire le texte entier, y compris la ponctuation. Ce premier cycle d'études qui se termine à 11 ans constitue le stade primaire ; on aborde alors ce qui peut être considéré comme l'enseignement secondaire et supérieur [dénommé « majalis »], avec comme programme, l'étude de la grammaire, la législation musulmane, l'histoire – surtout celle de l'Asie islamisée – et, bien que théoriquement interdite, la Kabbale (qui permet de faire des talismans). Les versets coraniques sont utilisés aussi à cette fin. »

Cheikh Anta Diop fut aussi marqué par son passage à l'école scientifique du village de Guédé dirigée par l'érudit Serigne Mbacké Bousso, cousin et disciple de Cheikh Ahmadou Bamba (dont il fut le secrétaire durant la composition des Masâlik et l’un des plus proches bras-droits et personnes de confiance). Ainsi que Cheikh Anta nous le décrit : « Dans la communauté mouride, l'école de Guédé, village du Baol, avec le professeur Mbacké Bousso, s'intéressa aux mathématiques, à la mécanique appliquée, à certains problèmes de thermodynamique (machine à vapeur) et surtout à la mesure du temps, quel que soit l'état du ciel, cette dernière étant liée à la nécessité de prier à l'heure exacte. Cette école, il y a 20 ans, était en passe de créer un courant scientifique de la même qualité que celui de la Renaissance, à partir d'une documentation strictement arabe, sans influence directe de l'Europe. Aucun de ses ressortissants ne savait ni lire, ni écrire le français. Les connaissances astronomiques y étaient assez développées, à cause de la nécessité de trouver la position de La Mecque, même en dehors des horizons coutumiers, par observation du ciel.»

Au vu de ces indices historiques et biographiques, il ne nous paraît point hasardeux de penser que Cheikh Anta Diop ait acquis sa curiosité intellectuelle et son goût précoce pour la recherche dès les primes années de sa jeunesse en milieu mouride ; détail que citent rarement ou presque jamais, assez étonnamment, les nombreux intellectuels se réclamant de ses idées. Ce « secret d’alcôve » ou « omerta intellectuelle » s’explique, à notre sens, par la « contradiction » que ces « esprits forts » ne peuvent s’empêcher de ressentir malgré eux, du fait de l’incohérence ressentie entre l’idée d’archaïsme et de féodalité qu’ils se sont forgée des mourides et le progressisme incroyable et les idées d’avant-garde incarnés par le professeur Diop qui ne pouvaient, selon leur schéma, avoir aucune relation avec cette féodalité ; d’où leur embarras assez compréhensible. Secret qui a pourtant son importance à l'aune de la nature et de l'envergure des travaux du professeur Diop qui demeurent assurément immenses. Ses recherches constituent en effet l'une des plus importantes qu'un intellectuel africain récent ait effectuées à ce jour, aussi bien dans le domaine des sciences humaines que dans celui des sciences exactes, même si ses thèses ont toujours fait l’objet d’un ostracisme assez compréhensible et généré une très forte critique d’une partie du milieu scientifique. Cette œuvre multiforme couvre, schématiquement, les domaines suivants :
- L'origine africaine de l'humanité,
- La réécriture de l'histoire générale de l'Afrique en vue de la Restauration de la conscience historique africaine,
- Le caractère négro-africain des anciens Egyptiens et de leur brillante civilisation dont l'apport déterminant est unanimement reconnu dans la genèse de la civilisation grecque qui elle-même fut, pour une large part, à la base du développement intellectuel de l'Occident,
- La promotion des sciences exactes et de la recherche en Afrique qui le conduisit à créer au sein de l’Université de Dakar le premier laboratoire africain de datation des fossiles archéologiques au radiocarbone,
- L'utilisation des langues négro-africaines et l’ambition de bâtir un corps de sciences humaines africaines,
- Engagement pour le panafricanisme et pour la fraternité avec toute la diaspora noire (afro-américaine, des îles etc.),
- Recherches sur l’origine de l’homme, sur le concept de race et sur le peuplement de l’Egypte ancienne,
- Travaux encyclopédiques sur la parenté linguistique génétique entre l'égyptien et les langues négro-africaines, l’apport de l'Afrique à la civilisation, travaux en égyptologie, en archéologie, en linguistique, en paléontologie, en anthropologie, en biologie, en génétique, en histoire, en philosophie etc.

L’exemple de Cheikh Anta Diop, qui n’a jamais renié sa « mouridité » - et il n’est point besoin d’aucune récupération pour le prouver - (n'a-t-il pas donné le nom de son fils ainé, Cheikh Mbacké Diop, lui aussi chercheur, à Serigne Cheikh Gaïndé Fatma, son marabout ?), malgré une démarche intellectuelle ne s’accordant pas toujours avec certaines réalités contextuelles de son milieu traditionnel, démontre clairement que la doctrine mouride, actualisée à travers les apports scientifiques modernes et une méthodologie scientifique rigoureuse et débarrassée de certaines scories psychologiques, peut bien être un facteur de progrès scientifique, spirituel et matériel, à condition toutefois d'être bien comprise, mise en pratique et ouverte aux apports positifs des autres civilisations. Ceci, malgré les limites et réserves habituelles qu’imposent l’approche critique inhérente à la recherche académique et les éventuelles erreurs de recherche du Professeur Diop dont le caractère pionnier peut toutefois être difficilement remis en cause.

Car, à nos yeux, le choix de certaines démarches et options individuelles de Cheikh Anta, en sa qualité de chercheur astreint à user d’une méthodologie scientifiquement reconnue et « idéologiquement » neutre dans ses travaux, (de même que certaines de ses idées semblant quelques fois aller à l’encontre de nos perceptions traditionnelles sur les enseignements et le dogme de l’Islam), ne remet pas fondamentalement en cause les éléments culturels mourides de sa personnalité acquis dès le bas âge. Ce constat nous semble d’autant plus important surtout si l’on réalise l’impact qu’eut sur son audace scientifique et sur sa précoce confiance en l’universalité de la connaissance son appartenance à un milieu intellectuel où l’affirmation identitaire de l’africanité et de la non appropriation raciale de la science était une évidence. Ces importants éléments idéologiques mourides qui transparaissent dans la démarche de Cheikh Anta Diop nous semblent être :

1- Une identité culturelle très forte et décomplexée face à l’Occident qui caractérise les mourides ; attitude trouvant en réalité ses fondements idéologiques dans l’œuvre et les écrits de Cheikh A. Bamba qui soutenait plusieurs décennies avant la naissance du professeur Diop que « La couleur noire de la peau ne saurait en aucun cas être un signe d’inintelligence ou d’incapacité de compréhension.» (Masâlik, v. 49). L’ambition de Cheikh Anta de fonder une véritable école de sciences humaines africaines nous paraît ainsi étrangement correspondre, dans un sens et dans un autre registre scientifique, à la démarche de Tajdîd (Renouveau ou Renaissance) dont se réclamait Cheikh A. Bamba sur le plan spirituel et culturel.

2- Un attachement aux usages et à la langue maternelle, qu’atteste la prédilection de Cheikh Anta envers la poésie wolof mouride symbolisée par l’immense Cheikh Moussa Ka dont Diop fit, dans ses ouvrages, l’icône de la virtuosité dont les langues africaines étaient capables. En effet, l’abondante et riche littérature « wolofal » mouride, représentée par Cheikh Moussa Ka, Serigne Mbaye Diakhaté, Cheikh Samba Diarra Mbaye, Serigne Mor Kayré etc., à travers la qualité inestimable de leurs poèmes, truffés de figures de style n’ayant rien à envier à Homère, Racine ou Shakespeare, constitua très tôt, aux yeux du jeune chercheur qui baigna très tôt dans leur atmosphère, une mine incroyable qui balayait toute idée d’une éventuelle suprématie intellectuelle de l’Occident sur les Africains. C’est ainsi que le jeune chercheur s’attela avec enthousiasme et méthode, dès son cycle secondaire et bien avant de voyager en France (en 1946), à démontrer l’aptitude des langues africaines à supporter la pensée scientifique et philosophique, en réalisant la première transcription africaine moderne non ethnographique de ces langues (influencé, l’on s’en doute, par l’usage écrit du « wolofal » en caractères coraniques modifiés («ajami») très répandu en milieu mouride). En parlant de Moussa Ka et de l’importance de la littérature autochtone sénégalaise, Cheikh Anta Diop écrivit ainsi dans son ouvrage de référence «Nations Nègres et Culture » : « On a souvent négligé l’existence d’une poésie écrite en langue du pays selon les règles bien définies d’un art poétique. Tel est, par exemple, la poésie religieuse des wolofs, qui constitue les premiers monuments littéraires de notre langue et par conséquent les premiers fondements de notre culture nationale… »

3- La résistance idéologique de Cheikh Anta Diop face à la stratégie d’acculturation et d’aliénation historique du Nègre, entretenue depuis longtemps à travers l’œuvre prétendument « civilisatrice », « fardeau de l’homme Blanc », mais aussi par le biais de théories pseudo scientifiques à la Gobineau, fortement teintées d’un esprit colonialiste et de racisme anti-noir. Résistance culturelle dont l’œuvre réalisée par Cheikh Ahmadou Bamba a contribué à fournir, à notre avis, les premiers fondements, à une époque très sensible pour la confiance des autochtones africains sur leurs propres potentialités, plus d’un demi-siècle avant les auteurs de la Négritude. Ainsi le passage à l’école de Guédé, haut foyer mouride de la connaissance à l’époque, et l’atmosphère studieuse des jeunes enfants mourides (apprentissage du Coran et des sciences religieuses, mais aussi quelques bourgeonnements scientifiques et techniques), malgré toutes leurs limites contingentes, a semblé avoir laissé une empreinte indélébile sur l’esprit du jeune Diop qui, soumis à d’autres influences et facteurs exogènes particuliers, réussit à mieux capitaliser et développer ce patrimoine culturel à un niveau inédit, en résistant remarquablement à certains processus d’acculturation mentale et de conversion au marxisme qui eurent raison d’un grand nombre de ses contemporains intellectuels pris dans la tourmente fiévreuse des indépendances. (...)

En un mot, Cheikh Anta réussit à démontrer qu’il existait bien dans sa culture d’origine des éléments culturels et scientifiques potentiellement fondateurs d’une nouvelle civilisation, de la même manière que les grands hommes appartenant à d’autres civilisations précédentes (dont l’Occident) avaient réussi à bâtir une nouvelle Cité, en intégrant dans leur culture des apports et emprunts provenant d’autres horizons (dont la Civilisation islamique). Il était long le chemin de ce flambeau lumineux qui partit de la civilisation égyptienne, passa par celle de la Grèce, puis par la civilisation islamique, qui le transmit à la civilisation occidentale, d’où Cheikh Anta tenta de le restituer à sa terre d’origine d’Afrique, où la civilisation islamique était entre-temps devenue la «Civilisation Mouride»… »

jeudi 6 février 2014

Magal de « Dékheulé » pour célébrer Mame Mor Anta Saly & perpétuer la mémoire du père de Serigne Touba

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En prélude du Magal de « Dékheulé » du 22 Février prochain, dans la région de Louga, Département de Kébémer, qui a abrité les derniers jours en1884, de Mame Mor Anta Saly Mbacké père de Serigne Touba, le comité d’organisation a tenu une conférence de presse pour faire l’état des lieux de la préparation de cet important évènement religieux hier.

Dans l’enceinte de la Grande Mosquée « Massalikoul Djinane » de Colobane,  Serigne Ahmadou Mbacké Arras fils de Serigne Fallou Ibn Serigne Mourtalla, a lors de ce face-à-face avec la presse, lancé un appel à toutes les familles religieuses pour une convergence de toute la communauté islamique vers ce lieu de grande dévotion religieuse.
« Serigne Mouhamadou Fadel Ibn Serigne Mourtada, lui-même organisait ce Magal avant de le léguer a son fils. Nous avons toujours plaidé pour que cela soit un moment de partage pour tous les musulmans et cette année encore nous lançons ce même appel à toutes les familles religieuses et tous les « tarikha ».  Pour ceux qui partagent avec nous Mame Mor Anta Saly, plus connu sous le nom Ahmed Ibn Habiboulah,  je fais juste un rappel pour que ce Magal soit tenu dans les meilleures conditions. » a-t-il dit.
Serigne Mokhtar Mbacké Ibn Serigne Thierno Mbacké  revenant sur la situation géographique de la localité de Dekheulé a nonobstant son enclavement, félicité la promptitude de l’Etat lors des éditions précédentes à toujours accompagner ce Magal... « Dékheulé est distant de Touba de 50 kilomètres, il y a un manque de visibilité de la localité mais cependant on n’a jamais été oublié par les régimes précédents. Un Comité régional de développement (CRD)  a toujours pris en compte les besoins de couverture sanitaire etc., et on espère qu’il en sera de même cette année ».
Pour rappel le Magal de Dékheulé, est organisé depuis 1961,  ce qui fait 53 ans de Magal dans cette région où repose le vénéré Serigne Mame Mor Anta Saly depuis maintenant aussi 135 ans.

Source: dakaractu.com

Magal de « Dékheulé » pour célébrer Mame Mor Anta Saly Perpétuer la mémoire du défunt père de Serigne Touba

Magal de « Dékheulé » pour célébrer Mame Mor Anta Saly Perpétuer la mémoire du défunt père de Serigne Touba

Magal de « Dékheulé » pour célébrer Mame Mor Anta Saly Perpétuer la mémoire du défunt père de Serigne Touba

Magal de « Dékheulé » pour célébrer Mame Mor Anta Saly Perpétuer la mémoire du défunt père de Serigne Touba

Magal de « Dékheulé » pour célébrer Mame Mor Anta Saly Perpétuer la mémoire du défunt père de Serigne Touba

SERIGNE TOUBA FACE AU COMPLEXE D'INFÉRIORITÉ DES NOIRS ENVERS L'OCCIDENT

SERIGNE TOUBA FACE AU COMPLEXE D'INFÉRIORITÉ DES NOIRS ENVERS L'OCCIDENT (Extrait de l'essai de S. A. Aziz Mbacké Majalis, «KHIDMA : La Vision Politique de Cheikh A. Bamba», p. 115) :

«En dénonçant les processus d’acculturation de ses concitoyens « indigènes » initiés par les colonisateurs et leurs dérives, de même que le vide spirituel et le complexe d’infériorité qu’ils cultivaient en eux, Cheikh A. Bamba écrivit dans une de ses odes dénommée Ilhâmu Salâm :
« [Sachez que les colons ont été égarés par] Satan qui les a menés vers la désobéissance, l’audace et la perdition. Il les a leurrés de par son stratagème au point qu'ils se sont mis à parcourir, avec insolence, le monde entier et à opprimer [les peuples]. Cependant ceux [d'entre les indigènes] qui ne suivent que leurs passions et les ignorants en sont arrivés à penser qu'ils sont d'un genre supérieur et dotés d'une suprématie naturelle. (…) Ceux-là qui ne réfléchissent point et sont empêtrés dans l’illusion les tiennent pour honorables et illustres. Aussi les imitent-ils dans la débauche et le vol, de même que dans des habitudes immorales autres que celles-ci. De par la crainte que [ces colons] leur inspirent, certains d'entre ces colonisés en sont même arrivés à oublier [Dieu], le Majestueux, et Son Prophète. 

Ce faisant, finissent-ils par délaisser l'observance du culte [dû au Seigneur] et par confier entièrement leur sort aux mains des rebelles, dans leur méconnaissance que l'ensemble des destins relève exclusivement de la Volonté du Seigneur Miséricordieux, le Maître Absolu de la Puissance (…) Ils sont désormais convaincus que la Force et la Puissance en actes (hawla wa-l-Quwata) leur sont entièrement dévolues, au même titre que le Pouvoir. Alors qu'en réalité la Force et la Puissance reviennent exclusivement au Créateur des Cieux, notre Seigneur, le Novateur. Mais leurs passions et leur nature insouciante ont poussés [ces Noirs colonisés] vers la lâcheté et l'égarement. (…) Il en est même qui, à la vue des Nasârâ, les rangent littéralement parmi les Anges du Seigneur ! (…) Ô vous les miens, réveillez-vous de l'ivresse du sommeil ! Et n'assimilez plus l'enflure purulente de la pustule à de l’embonpoint, car une telle méprise demeure un signe manifeste d'ignorance...». (Ilhâmu Salâm ou Inspiration procédant du Seigneur qui assure la Paix, v. 13-15, 17-21, 38-40, 48, 51-52)


Dire que, après plus d'un siècle après ces mots, il est encore des sénégalais, des africains et des Noirs, formatés selon le moule de l'école occidentale, des médias ou de la pensée unique moderne, qui en sont encore à ce niveau de complexe culturel et intellectuel envers leurs anciens «maîtres à penser». Au point, en 2014, d'en être encore à les «imiter dans la débauche et le vol, de même que dans des habitudes immorales autres que celles-ci». En divinisant avec une religiosité à la fois touchante et choquante toutes leurs doctrines et leurs valeurs matérialistes, car les ayant élevés au niveau des «Anges de Dieu» à qui rien n'est impossible !!!

À quand les vraies indépendances ?

Les dernières recommandations de Serigne Sam Mbaye

Ma conclusion, c’est : retourner tout simplement au Prophète (S) et son enseignement qui constitue les valeurs du fils d’Adam. Quiconque les possède a une grande valeur, qui ne les a pas n’a rien ; n’a aucune importance. Ces valeurs sont :

1°) la crainte de Dieu : craindre Dieu et Le Connaître.

2°) une éducation islamique : une éducation islamique c’est :
1.- avoir de la pitié : la pitié est une chose que le Prophète (S) a beaucoup enseigné, il avait donné beaucoup
d’importance à la pitié. Il disait : « Quiconque a de la pitié ne serait-ce que pour un oiseau étranglé, Dieu aura de la pitié pour lui »... « Ayez pitié de ceux qui se trouvent sur le sol et Celui qui se trouve au ciel (notre Seigneur) aura de la pitié pour vous ».

2.- la générosité : il était un homme généreux. Il donnait tout ce qu’il possédait, il ne gardait rien. La générosité fait partie de ce qui sert les créatures et les sauve. Quant à servir les hommes, notre Seigneur a dit : «Al màlu màlii, wal ahniyà i hu kalàyì, wal fukharà hu iyàli. Fa in bakhi lahu kalàyi anlà iyàlì, akhazta hum
nakàlì walà ubàlì ». Toutes les richesses qui sont sur la terre m'appartiennent. Les riches constituent mes
dépositaires et les démunis, ma famille. Si mes dépositaires se montrent avares par rapport à ma famille, Je les jetterai demain, en Enfer et Je ne me préoccuperai point de leurs pleurs.

3.- éviter d’offenser ses semblables : il a enseigné comment on doit cohabiter avec ses semblables. Éviter
d’offenser Dieu.

4.- l’indulgence ......

5.- l’intégrité (« mandu ») : l’individu ne doit pas s’occuper de ce qui ne le regarde pas.

6.- la retenue : beaucoup de châtiments ont pour cause le manque de retenue. Dieu peut pardonner, Il peut
pardonner n’importe quelle chose mais, le manque de retenue et d’intégrité est très grave. Il te pousse à la calomnie. Rien n’est pire que la calomnie. Elle fait partie des plus grands péchés car, elle abîme les bonnes œuvres.

7.- éviter l’orgueil : l’orgueil est un grand défaut, il gatte l’action du fils d’Adam. C’est l’orgueil qui avait
sacrifié Ibliss..... (ce n’est qu’une conclusion, beaucoup de choses n’y trouveront pas de place..)

8.- éviter le mensonge : l’homme doit éviter le mensonge. Il a pour cause un cœur sec, dont le propriétaire
cherche à obtenir quelque chose. On dit que l’homme ne ment que dans 3 cas : par orgueil, par peur ou par amour. Celui qui craint Dieu convenablement se débarrasse de ces défauts, il ne dira donc que la vérité. C’est l’homme sincère, qui sera l’ami de Dieu car quelles que soient tes qualités, si tu n’es pas sincère, tu n’as plus aucune valeur car le manque de sincérité entachera les autres qualités.

9.- aider les hommes : l’homme doit aider les autres, dans la mesure du possible, son parent en particulier


10.- pardonner : le fait de pardonner a beaucoup de bienfaits (touyaba). On dit que si tu ne peux pas pardonner et préfères te vanger alors soit juste dans ta revanche, infliges à l’agresseur, une punition égale au tort qu’il t’a fait car le coran dit : « Wa in caa khabtum fa hakhibuu bi mishli maa cuukhibtum bihi wa la in sabartum lahuu khairun l’lis’saabiriina » (S.16-V.126)

11.- La pire des choses c’est se préoccuper des défauts d’un autre : l’homme doit se préoccuper de ses
propres défauts. Il se pourrait que tu as plus de défauts que celui dont tu cherches à dévoiler les défauts et qui connait très bien les tiens et n’en dit rien. Tu as donc réuni 2 défauts : les tiens, et le fait de se préoccuper de ceux des autres pour les exposer ; cela est très vilain.
 
12.- le fait de dire des mauvaises choses à quelqu’un soit en sa présence ou pendant son absence : cela peut
être de la calomnie ou alors du « yabeel » ou encore de la haine. Tout cela relève d’un cœur malade. Car cela introduit de la haine entre 2 hommes et Dieu maudit tout individu qui cherche à éloigner des musulmans. Celui qui cherche à les rapprocher est quelqu’un qui fait le « jihaad », il sera ressuscité auprès des Prophètes, des sidikhona et des shuhada ».

Donc ce qui est plus important c’est que nous devons éviter de nous préoccuper de notre vie terrestre
uniquement de sorte à laisser tomber tout ce qui la rend difficile ou désagréable, si bonne soit-elle et suivre tout ce qui la facilite, si mauvaise soit-elle.

Nous devons nous souvenir de la mort à tout moment. Elle est inéluctable. Chacun de nous sera seul «à vivre
son agonie, chacun de nous sera seul à vivre sa mort, chacun de nous sera seul dans sa tombe et rien si ce n’est ses propres œuvres ne le trouveront à l’intérieur de cette tombe. Quand on sera ressuscité pour rencontrer le Seigneur dans la cour du jugement, qui n’a pas de bonnes œuvres pour monture, portera en charge ses péchés. L’attente du jugement durera 50000 ans sous une chaleur indescriptible....

L’homme doit donc être conscient de sa faiblesse, de son insuffisance et se retourner vers Dieu pour lui
demander pardon en permanence... Assalàmu anleykum war Rahmatul Lah.

NOUS VOUS INVITONS A VENIR NOMBREUX PARTICIPER LE 9 MARS 2014 A LA JOURNÉE DE PRIERES QUE NOUS LUI DÉDIONS : ELLE AURA LIEU A KEUR MASSAR / VILLA N° 711 CITE AINOUMADY : TEL : 338789096 / 776317666 / 701098170 / 3010131/64

Papa SALL moom Baay Sam MBAYE

lundi 3 février 2014

(PHOTOS) Touba: Près de 600 personnes enterrées à ce jour dans le nouveau cimetière (Bakhia)

Il paraît que près de 600 personnes ont été à ce jour enterrées dans le nouveau cimetière de Touba (Bakhia) dont voici quelques photos. À quel niveau, sur ces longues files de tombeaux, nous demandâmes-nous, serons-nous enterrés ? Quel sera notre numéro à nous ? À quoi nous serviront, en ce lieu, tous les biens et projets derrière lesquels nous courrons si ardemment aujourd'hui, en oubliant le Seigneur vers qui nous retournerons fatalement, qu'on le veuille ou non ? Que deviendront alors, sous ces humbles tas de sable hâtivement entassés, les nombreux plaisirs illicites pour lesquels nous sommes aujourd'hui prêts à sacrifier tout : notre dignité, notre foi et notre honneur ? À quoi te serviront, toi qui lis ces lignes, une fois sous ces quelques mètres de terre, le fait d'avoir obtenu un plaisir illicite avec ta copine ou ton copain, regardé (secrètement) des images pornographiques ou obscènes sur internet, menti pour t'en sortir, trahi tes amis, abusé de la confiance des autres, volé le bien d'autrui, construit de belles maisons et épousé de belles femmes avec cet argent indûment acquis (que d'autres prendront en héritage) ? A quoi te serviront dans le cimetière de Bakhia, ô frère mouride, les fortes émotions qu'à suscité en toi le dernier combat de lutte au Stade Demba Diop (au point peut être même d'avoir renvoyer ta prière de timiss) ? De quel profit toutes nos vaines activités, tous nos commentaires sans fin, nos médisances sur autrui, nos jalousies, nous seront-elles, une fois enseveli des mètres sous le sable de Bakhia ?

O Seigneur ! Pardonne-nous nos péchés. Mets-nous sur le Droit Chemin. Le Chemin sur lequel tu as mis Tes Prophètes (PSE) et Tes Saints Privilégiés, comme Serigne Touba et ses disciples véridiques. Ne nous soumets surtout pas à ta Justice. Ne nous laisse pas à nous-mêmes, à notre âme charnelle (nafs), à Satan le Rebelle et aux nombreuses tentations de la mondialisation qui nous encerclent. Et incite-nous à toujours nous souvenir, dans tous nos actes et dans toutes nos paroles, de ce Grand Jour. Ce jour du seul et vrai « Grand Combat » où nous retournerons définitivement vers toi, sans aucune possibilité de retour dans ce monde pour rectifier quoi que ce soit. À nous rappeler constamment qu'un jour NOUS aussi, malheureusement, nous aurons NOTRE NOM et un numéro anonyme qui seront à jamais écrit sur l'une de ces stèles noires. NOTRE stèle. Cela, quel que soit le choix (persévérer dans le Bien ou le mal) que nous aurons fait après avoir lu ces lignes...

Source: Aziz Mbacke Majalis